Koala en pma

Nos aventures sur le long chemin de la PMA… Avec un Happy End !

FIV 1 : un coup pour rien

le 28 juillet 2014

Il est parfois nécessaire de mettre des mots sur ce qu’on ressent pour pouvoir tourner la page. Il est parfois long de réussir à mettre des mots sur ce qui nous fait mal.

 

Récapitulatif rapide de notre parcours : de septembre 2013 à mars 2014, 4 IAC négatives. Docteur Sourire pense qu’il est inutile de faire les deux autres tentatives remboursées, nous lui faisons confiance, un peu las de ces échecs à répétition. Il garde espoir pour notre cas, nous y voyons un nouveau moyen d’avancer. Nous sommes d’accord pour partir en FIV, le plus tôt possible.

Avril, nous participons à la réunion d’information : une donnée fait réagir la famille Koala « 1 couple sur 4 repartira sans enfant ». Même réflexe pour les Koalas (et pour d’autres membres de couples) : compter les couples présents. Nous sommes 11 couples, il y en aura au moins 3 qui finiront leur parcours AMP sans monter dans le train (soit parce que toutes les FIV échoueront, soit parce qu’ils auront décider d’arrêter avant de vraiment s’user). Je croise très fort les doigts.
Sur la route du retour, nous nous faisons un débriefing de la réunion : effectivement, cette info nous a fait du tort. Et si ? Et si nous faisions partie de ce quart de couples qui n’aura pas de chance ? Après tout, nous étions déjà du mauvais côté des statistiques pour les IAC… Nous essayons de garder le moral : nous n’avons n’avions pas d’indication médicale pour aller en FIV (nos problèmes devaient pouvoir se régler par les IAC), nous étions parmi les plus jeunes à la réunion. Bref, on se remotive, on se rappelle que malgré tout, on s’approche de notre but.

Nous devions commencer le protocole pour FIV 1, mais il manque l’hystéroscopie. Le lancement est reporté d’un mois.

 

Mai : l’hystéroscopie est ok, mais à J3 j’ai déjà des follicules dominants. On commencera en juin, en prenant soin d’anticiper le blocage.

 

Juin : Le frigo est rempli de médicaments, nous sommes prêts. L’échographie donne le top départ de la stimulation (très légère : merci les OPK).

J’appréhende chaque rdv : Et si ? Et si mes ovaires s’emballaient ? Et si je ne réagissais pas assez ? Je vois la ponction comme une première étape de cette FIV1.(Le temps m’a démontré que j’ai raison.) On vise la ponction, on verra si le transfert peut se faire dans la foulée ou non (nous redoutons tous une hyperstimulation, mais docteur Sourire souhaite vraiment réaliser un transfert d’embryons frais). (Le temps m’a également démontré que je n’avais pas envisagé tous les scénarii possibles.) 

Le jour de la ponction est enfin là : Nous sommes tendus tous les deux. Nous essayons l’humour pour nous détendre. (La chemise de nuit, bleue, mais surtout ouverte, aide à trouver des sujets pour rire de tout). Malgré ça, je ne suis pas bien. J’appréhende l’anesthésie générale, j’ai peur d’avoir mal, j’ai envie de pleurer lorsqu’on m’emmène au bloc (les fesses à l’air 😉 pour plus de glamour) et que Monsieur Koala est attendu au labo.

Et puis au bloc, il fait froid. Je tremble. Ce n’est pas docteur Sourire qui fera la ponction, car il est absent 3 jours. Ce sera un autre docteur, qui a quand même pris le temps de me dire bonjour et de me demander si j’avais des questions, j’apprécie. (On s’attarde vraiment sur des détails en PMA.) On m’injecte le produit anesthésiant et on me fait respirer le gaz. L’infirmière me demande de penser à quelque chose d’agréable. Je m’exécute en fermant les yeux. Une image me vient immédiatement : je vois Monsieur Koala, tout sourire, tenant un enfant dans les bras. Il est heureux. Je viens de me redonner un peu de courage : nous n’avons pas pris le chemin le plus facile, mais c’est notre chemin.
Je m’endors alors, paisible.

Le réveil est difficile (il faut dire que la nuit a été courte, ça ne doit pas aider). Les infirmières défilent « Vous n’avez pas mal ? ». Non, je n’ai pas mal (AUCUNE douleur : s’en est à se demander s’ils m’ont fait quelque chose au bloc).
Monsieur Koala me rejoint au bout d’une bonne demi-heure : Il est allé dire bonjour à ses parents à 10km de là (WTF??? Ok, bon, remettez-moi une petite dose de votre produit magique, histoire que je ne m’énerve pas il me semble beaucoup moins inquiet que ce matin, c’est déjà ça.) Il a rendez-vous pour le recueil dans 20 minutes car le labo était over-booké le matin. Je vais donc me reposer un peu.

12h : On me donne le droit de me rhabiller (Chouette : je vais pouvoir cacher mes fesses ! ) et d’aller en salle d’attente, le temps d’avoir le compte-rendu du labo. Monsieur Koala revient à ce moment-là.

Nous avions 12 follicules officiels (13 officieux, puisqu’il y avait un clandestin à bord : il a été compté à l’écho, mais il n’a pas été écrit sur la feuille de suivi), et on nous annonce 7 ovocytes ponctionnés. Je suis déçue, mais je n’ose pas le dire (Mais bordal, ils sont passés où les 6 autres????). On nous donne l’autorisation de partir. Le labo nous appellera le lendemain à partir de 15h pour nous donner la date de transfert.

Le soir, le mal de ventre s’installe : ce ne sont pas des douleurs de règles, mais j’ai mal au ventre. je passe en mode marmotte.

Je vais travailler le lendemain matin : la marmotte est encore là, avachie sur son bureau. Heureusement mes 29 élèves sont adorables et ils se débrouillent tout seuls. La fatigue commence à passer l’après-midi, mais le mal de ventre est bien présent. J’attends impatiemment l’appel du laboratoire.

17h50 : enfin l’appel tant attendu. Mais les nouvelles ne sont pas bonnes.

« Madame Koala?

-Oui ?

-Vous aviez 7 ovocytes ponctionnés. Il n’y a eu aucune fécondation. Les spermatozoïdes n’arrivent pas à rentrer dans l’ovule. il n’y aura pas de transfert. La prochaine fois, il faudra faire une ICSI.

-Ah… Merci. »

Fin de la FIV1, je n’avais pas envisagé ce scénario-là. DNLP nous fait encore des siennes.Et puis j’ai appelé le Koala, en pleurs. Il est vite rentré du boulot. J’ai continué de pleurer. Et le lendemain aussi. J’ai continué d’avoir mal au ventre. J’ai refusé de m’arrêter comme me l’a demandé Docteur Sourire : je ne me sentais pas la force de passer une journée seule avec moi-même et avec cette phrase « je suis dégoutée, tout ça pour rien ».

L’hyperstimulation a fini par passer au bout de 8 jours. J’ai revu docteur Sourire dans la foulée. Lorsqu’il m’a demandé ce que j’envisageais pour la suite, j’ai trouvé le courage de lui dire que j’avais besoin d’une pause. Et devinez quoi ? Il m’a dit qu’il comprenait et il a sourit…

 

Je repense souvent aux statistiques : et si nous faisions partie du quart ? Peut-être, mais on tentera tout, pour pouvoir dire que nous avons essayé et pour ne pas avoir de regrets.

1 mois après cet échec supplémentaire (mais le plus douloureux de tous), les larmes montent encore facilement. J’ai repris rendez-vous avec ma PMA pour pouvoir mettre à jour nos examens, afin de pouvoir réattaquer rapidement quand le moment nous semblera venu. Pour le moment, je compte bien profiter es vacances, qu’elles soient pmesques ou taffesques, pour reprendre un peu d’énergie et retrouver VRAIMENT le sourire.

 

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2 responses to “FIV 1 : un coup pour rien

  1. Violette dit :

    Je découvre ton blog…je suis très peinée de lire ce que tu as traversé, et qui me rappelle tristement mon propre vécu (Fiv 1 : un seul embryon qui n’a pas tenu le coup >> aucun transfert.).
    C’est effectivement très dur de subir tout cela, du protocole médicamenteux à la ponction, pour rien.
    MAIS…une tentative ne ressemble pas à une autre. Personnellement, les suivantes ont été bien meilleures, en partie grâce à l’ICSI. Bon…d’accord, je n’y suis pas encore arrivée, mais nous nous sommes approchés du but, je ne désespère pas (pas tous les jours 😉 ).
    Donc respire un bon coup, récupère de tout cela, et sois (autant que faire se peut) confiante pour la suite…bon courage!

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    • koalaenpma dit :

      Bienvenue !
      Merci pour ton commentaire et ces mots qui réconfortent un peu.
      Nous ferons une ICSI la prochaine fois, en espérant ne pas avoir d’autres mauvaises surprises de ce genre, mais selon mon gynéco « vous n’avez vraiment pas eu de chance jusque là. On va finir pas y arriver ». Alors même si parfois on doute, même si le chemin nous parait interminable, on garde quand même un peu d’espoir.
      On profite de notre pause pmesque pour retrouver notre motivation, et à la rentrée on s’y remet à fond (enfin, c’est ce que j’espère parce qu’à tout moment il faut refaire des examens avant de se relancer : wait and see) !
      Courage à toi pour la suite. Bonne journée;

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