Koala en pma

Nos aventures sur le long chemin de la PMA… Avec un Happy End !

Pour mieux se comprendre… #2

le 16 juillet 2014

Parce qu’une image peut avoir plus de poids que des mots.

Parce les mots servent à comprendre l’image.

A tous ceux qui pensent que « la FIV c’est facile » : Nous avons la chance d’avoir accès aux FIV, mais les traitements ne sont pas si faciles que ça.

(Article publié sur BAMP : http://bamp.fr/2014/05/07/ce-quil-faut-pour-fabriquer-un-bebe-en-fiv/ )

 

 

« Ce qu’il faut pour fabriquer un bébé… en FIV !

Ou tout du moins essayer d’en fabriquer, se rapprocher du graal, ou tout simplement prolonger l’espoir et avoir juste une chance d’atteindre ce rêve.

En temps normal, dans mon entourage, en moins de 6 mois d’essais et en quelques étreintes plus ou moins bien placées sur un cycle pourtant souvent mal connu dans son fonctionnement, c’est emballé, l’affaire, ou plutôt le rejeton, étant dans le sac. Pas non plus de fausse couche à l’horizon. A croire que l’hyper fertile n’a souvent pas ce souci là non plus.

Matériellement, 1 bébé au naturel en moins de 6 mois c’est quelques boites d’acide folique, et un test de grossesse. Simple, facile, pas cher, amusant et sans bavure.

Quand, nous, les infertiles, au bout d’1 an de galère, on aborde le sujet de ce bébé qui n’arrive pas, souvent, par méconnaissance, l’entourage énonce ce qu’il croit être une vérité et est en fait une double contre-vérité : La FIV ça marche ( malheureusement non, pas pour la moitié des couples, mais ce n’est pas le sujet de cet article…) et pouf-pouf-magie de la science la FIV c’est une promenade de santé, quelques médocs, une écho ou 2, et le bébé kangourou est dans la poche.

Parce qu’une illustration est souvent plus forte que des mots, j’ai décidé que pour cette 2eme FIV j’allais conserver l’ensemble des boites de médicaments sur ordonnance utilisées et de faire une photo de groupe de l’ensemble des participants à la fin et de vous  lister l’ensemble des actes et consultations de MA FIV.

Afin qu’on n’entende plus que la FIV c’est facile, et surtout que ceux qui ne connaissent pas se rendent compte de ce qu’on ingurgite ou s’injecte,  de la vie (perso, amicale, boulot) qui s’arrête pendant ces presque-2-mois de protocole.

 

Alors, du début à la fin une FIV ça donne CA:

 

  • En nombre d’injections:

o    Décapept*l en déclenchement d’ovulation et en soutien post-transfert (3 injections)

o    Orgalutr*n, pour contrôler l’ovulation et éviter qu’elle n’intervienne avant la ponction (3 injections)

o    Menop*r : 9 jours de stimulation (piqures quotidiennes) soit 33 ampoules à casser de mes petits doigts malhabiles et mélanger au solvant. Soit 7 boites injectées dans la panse, à heure quasi fixe, et donc parfois dans des lieux improbables et non prévus pour cela

o    Perfusion d’intr*lipides anti-inflammatoires à l’hôpital, 1 poche, 3 heures de patience, 1 arrêt de travail d’1 journée et 2 veines explosées (junkie style !)

 

Soit 16 injections, 2 veines éclatées, un look de droguée !

 

  • Médicaments:

o    1 boite de pilule contraceptive (pour le blocage, je suis chanceuse d’échapper aux injections pour créer une ménopause artificielle), pendant 12 jours

o    Asp*rine : 1 cp /jour, sur tout le cycle

o    Antibi*tiques dès le jour de la ponction et pour 5 jours (2 cp/jours) : 10 cp = 1 boite

o    Cortis*ne (pour contrer les cellules tueuses et le système immunitaire capricieux) : 1 cp par jour dès le 1er jour de stimulation et jusqu’à la prise de sang au pire (au mieux, c’est plusieurs mois quand il y a grossesse) : 2 boites

o    Vit*mine E : 2 cp/jour, sur l’ensemble du cycle

o    Pentox*filine 1 cp/jour, du 1er jour de cycle à la ponction

o    Acide f*lique : 2 cp/tous les 2 jours

o    Progester*ne : débutée à 3 DPO à la dose de 6 ovules/jours soit 66 ovules. Un délice ! Pour celles qui ne connaissent pas (les bienheureuses !!!!), cela permet à terme de renouveler l’ensemble de son stock de culottes tellement ça flingue tout sur son passage. En plus, certaines Lucky Girls ne sont pas à l’abri de démangeaisons fort agréables…je vous passe les détails, âmes sensibles s’abstenir.

o    Oestr*gènes : 2 cp/jour dès 3 DPO et jusqu’à la prise de sang (soit 25 comprimés, et eux aussi par voie basse, manquait plus qu’eux au sous-sol pour que la fête soit complète !)

  • Compléments alimentaires: Procré*lia Femme, 2 cp/jour, non remboursés

 

Soit 320 comprimés/ovules/cachets ! Oui, 320, pas d’erreur!

 

  • Le suivi médical à proprement parler:

o    Une échographie de lancement (Top départ !) . A noter que chaque échographie est endovaginale (j’ai failli oublier de le préciser tellement toute PMette est habituée et aurait presque le réflexe d’enlever ses dessous même pour une échographie de la cheville 😉 )

o    3 échographies de suivi et consultations, calées tant bien que mal dans mon emploi de vilaine-working-girl-ayant-attendu-l’age-canonique-de-31-ans-pour-essayer-de-procréer (tuons les idées reçues !), c’est toujours un bonheur de commencer la journée à l’aube, dans le rush et pattes en l’air et d’arriver à la bourre en catimini au bureau, pour 2 jours après prendre une pause déjeuner de 3 heures pour la 2eme écho et partir à 16h (tu prends ton après midi ? ) pour la dernière.

o    Prise de sang pour les dosages hormonaux à 3 reprises, l’occasion de massacrer les 2 bras (massacre débuté à l’hôpital grâce à la perfusion d’intralipides). Là aussi, le matin, tôt, très tôt, mais sans rendez-vous dans un labo privé, ou 1er arrivé/1er piqué. Ce qui est drôle (challenge, challenge…) c’est de caser en même temps écho ET prise de sang, dans 2 endroits différents et bien éloignés l’un de l’autre et du bureau aussi. Oserais-je annoncer l’heure d’arrivée au bureau ce jour là…. ?

o    Une belle ponction des familles. Avec anesthésie générale (junkie style, le retour), précédée d’une agréable douche à la Bétadine (de M***de). Avec en récompense pour votre courage, une collation constituée de 2 délicieuses biscottes en milieu d’après-midi.

o    Pour la chanceuse que je suis : des embryons et finalement 3 survivants à J5 et donc un transfert de 2 potentielles merveilles. Alors le transfert, pour les novices, c’est échographie… endovaginale (c’est bien, vous suivez), vessie mi-pleine (celles qui ont trouvé le nombre de millilitres adéquats à avaler pour se conformer aux consignes ont toutes mon admiration!)

o    Une prise de sang officielle, après 10 jours d’angoisse

Soit 4 échographies et 4 prises de sang

fiv 2 medoc

TOUT CA.

Pour ça.

 

o    Et pour la looseuse que je suis finalement, 4 prises de sang supplémentaires de dosage d’un BHCG balbutiant et 1 échographie couperet. Car il y eu miracle. De courte durée.

 

Et mon truc en plu(me)s, pour information : 2 séances d’acupunctures (à J8 et le jour du transfert) et le fameux cachet d’ibuprofène 400 mg environ 1 h avant le transfert.

 

La prochaine fois que vous entendez « t’as qu’à faire une FIV, c’est trooooop facile », après avoir réfréné votre pulsion de leur casser les dents, renvoyez les ici, ça les instruira! « 

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